Limites et croissances comparées, limxlnx, primitives avec ln
Idée directrice
Les croissances comparées expriment que ln croît plus lentement que toute puissance : limx→+∞xαlnx=0 pour α>0, et limx→0+xαlnx=0 pour α>0 (le terme polynomial « écrase » le logarithme). Ces limites servent à lever des formes indéterminées ∞−∞ ou 0×(−∞). Les primitives faisant intervenir ln se ramènent à ∫uu′dx=ln∣u∣+C ou à une intégration par parties avec v′=1, u=lnx.
Signature de reconnaissance — l'énoncé se trahit ainsi
« En utilisant les croissances comparées, calculer limx→+∞xα(lnx)n » ; « Calculer ∫1exlnxdx par intégration par parties » ; « Montrer que limx→0+x2lnx=0 ».
EX
Sujet principal
Exercice 3 — croissances comparées et calcul intégral
6 questionsCorrigé masqué
Énoncé
Partie A — Limites.
Calculer limx→+∞x(lnx)3.
Calculer limx→0+x2ln(x2).
Calculer limx→+∞(x−lnx).
Partie B — Primitives. Calculer les intégrales suivantes.
∫1exlnxdx (intégration par parties).
∫1exlnxdx (substitution u=lnx).
∫13x2+x−22x+1dx (on vérifiera d'abord que 2x+1=(x2+x−2)′).
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
A.1. On pose t=x, donc x=t2 et x→+∞⇔t→+∞. x(lnx)3=t(2lnt)3=t8(lnt)3→0 par croissances comparées. On obtient la limite 0.
A.2. On a : x2ln(x2)=2x2lnx. Par croissances comparées (α=2>0), limx→0+x2∣lnx∣=0, d'où limx→0+2x2lnx=0.
A.3.x−lnx=x(1−xlnx)→+∞ car xlnx→0. Or le facteur 1−xlnx→1>0.
B.4. On intègre par parties : u=lnx⇒u′=1/x ; v′=x⇒v=x2/2. ∫1exlnxdx=[2x2lnx]1e−21∫1exdx=2e2−0−21[2x2]1e=2e2−4e2−1=4e2+1. Conclusion : 4e2+1.
B.5. On pose u=lnx, du=dx/x : ∫1exlnxdx=∫01udu=[2u2]01=21. Conclusion : 21.
B.6.(x2+x−2)′=2x+1, mais x2+x−2=(x−1)(x+2) s'annule en x=1 : l'intégrande a une singularité en x=1, ce qui prouve que l'intégrale diverge sur [1,3].
Exercices d'entraînement — une nuance à la fois
01
Entraînement 01 / 01
Drill LN-D.1 — croissances comparées
1 questionCorrigé masqué
Énoncé
Calculer x→+∞limxlnx et x→0+limxlnx.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
On pose t=x : xlnx=2⋅tlnt→0 par croissances comparées. On a : xlnx→0 (limite usuelle en 0+). On obtient les deux limites nulles. Conclusion : les limites valent 0 et 0.
Méthode / Automatismes
Croissances comparées : xα(lnx)n→0 et xα∣lnx∣→0 quand x→+∞ ou x→0+ (respectivement), pour α>0 et n∈N.
IPP pour ∫P(x)lnxdx : choisir u=lnx et v′=P(x). Le terme intégré [uv] fait disparaître le ln.
**Intégrale du type ∫uu′** : reconnaître (ln∣u∣)′=u′/u pour intégrer immédiatement.
Avant toute intégrale : vérifier que la fonction est continue sur le segment d'intégration (pas de zéros du dénominateur à l'intérieur).
Pièges classiques
Utiliser limxlnx=0 sans vérifier que c'est en x→0+ et pas en x→+∞ (où la limite est +∞). Pour l'IPP, choisir u=x et v′=lnx au lieu de u=lnx et v′=x (ce qui mène à ∫2x2⋅x1 — faisable, mais beaucoup plus long). Intégrer 1/(x2+x−2) sur un intervalle contenant ses pôles sans tester la convergence.
Variantes rencontrées : Calcul de ∫1e(lnx)2dx par deux IPP successives ; primitives de xnlnx (généralisation directe) ; limites en 0+ de xα(lnx)n.