Exercice — dans l'esprit des sujets du bac
Au niveau d'une synapse neuromusculaire (plaque motrice), le neurotransmetteur est l'acétylcholine (ACh). On stimule le neurone présynaptique et on enregistre la réponse du muscle dans trois conditions :
- Condition 1 (témoin) : la stimulation du nerf provoque la contraction du muscle.
- Condition 2 (après ajout de curare) : la stimulation du nerf ne provoque plus de contraction ; l'ACh est pourtant bien libérée dans la fente.
- Condition 3 (stimulation électrique directe du muscle sous curare) : le muscle se contracte normalement.
- La condition 3 permet-elle d'affirmer que le curare agit sur le muscle lui-même ? Justifier.
- Localiser le site d'action du curare et préciser son mécanisme.
- Le curare agit-il en amont (libération d'ACh) ou en aval (réception) ?
- En déduire son mode d'action sur les récepteurs postsynaptiques.
- Une autre substance, la néostigmine, inhibe l'acétylcholinestérase (enzyme qui dégrade l'ACh). Prévoir et expliquer son effet sur la transmission synaptique.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1. Condition 3 : le muscle stimulé directement se contracte normalement malgré le curare. L'effecteur est donc fonctionnel : le curare n'agit pas sur le muscle lui-même, mais sur la transmission au niveau de la plaque motrice.
2.(a) Condition 2 : l'ACh est bien libérée dans la fente, mais la contraction n'a pas lieu. Le blocage se situe donc en aval de la libération, au niveau de la membrane postsynaptique (réception), et non au niveau de l'exocytose présynaptique.
2.(b) Normalement, suite au dépôt du neurotransmetteur (ACh) dans la fente, la fixation sur les récepteurs nicotiniques crée une dépolarisation locale : un PPSE à la plaque motrice, qui peut atteindre le seuil et déclencher un PA musculaire. Le curare se fixe sur ces mêmes récepteurs sans les activer (antagoniste compétitif) : l'ACh ne peut plus s'y lier, aucun PPSE n'est créé, le seuil n'est pas atteint. La synapse neuromusculaire est excitatrice en conditions normales ; le curare en bloque la transmission.
3. La néostigmine inhibe l'acétylcholinestérase : l'ACh n'est plus dégradée, s'accumule dans la fente et reste plus longtemps sur ses récepteurs. La stimulation postsynaptique est prolongée et amplifiée (effet inverse du curare). Cela illustre la spécificité entre neurotransmetteur et récepteur : seule l'ACh (ou un agoniste) active les récepteurs nicotiniques de la plaque ; le curare les occupe sans les activer.