Masar
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Bac Tunisie
Entraîner la reconnaissance
SO-DSouvenirs et nostalgie

Questions : souvenirs d'une grand-mère

Idée directrice

S'entraîner au bloc de questions sur le support (7 pts) sur un récit de souvenirs : repérage justifié par citation, puis procédés d'écriture et effet — forme invariante des sessions SO (2015 principale grand-mère ; 2019 contrôle mère).

Signature de reconnaissance — l'énoncé se trahit ainsi

souvenirs et mémoire du passé

indice textuel

procédé d'écriture

effet produit

Sujet principal

Étude de passage — souvenirs et mémoire du passé

3 questionsCorrigé masqué

Passage d'entraînement (original)

Les souvenirs, la mémoire du passé : voilà le fil de ce récit. Chaque dimanche, je rouvre le tiroir où dorment les photographies de ma grand-mère. Ce n'est pas seulement un album : c'est une mémoire que je caresse du doigt, un passé que je refuse de laisser s'effacer. Les souvenirs montent sans ordre, comme des vagues. Voici le jardin de Kairouan, le rire un peu rauque, l'odeur du café brûlé sur le réchaud. Voici aussi le silence des derniers mois, quand la maladie avait volé ses mots.

Je me souviens surtout d'une après-midi d'été. Elle m'avait pris la main et m'avait dit : « Garde bien ce souvenir, mon fils ; le passé est le seul bien qu'on ne peut pas te confisquer. » J'avais quatorze ans. Je n'avais pas compris. Aujourd'hui, chaque objet de la maison — le châle plié, la montre arrêtée, la tasse ébréchée — réveille la même mémoire. Le passé ne revient pas en bloc : il revient en éclats, en parfums, en phrases inachevées.

Parfois je me demande si ces souvenirs me consolent ou s'ils m'enferment. La nostalgie a le goût du miel et du sel. Elle me rend la grand-mère vivante le temps d'une image, puis me la reprend. Et pourtant je rouvre le tiroir. Encore. Encore. Comme si répéter le geste pouvait retenir le temps. La mémoire, chez moi, n'est pas un musée ordonné : c'est une chambre où le passé respire encore.

Questions

  1. En vous référant au premier paragraphe, dites pour quelle raison le narrateur rouvre le tiroir des photographies. Justifiez votre réponse par une citation précise.
  2. Quels éléments du passé de la grand-mère reviennent dans la mémoire du narrateur ? Citez-en deux.
  3. Le narrateur exprime un rapport ambivalent à ses souvenirs. Relevez et expliquez un procédé d'écriture qui rend compte de cette ambivalence ou de l'intensité du souvenir.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Le narrateur rouvre le tiroir pour renouer avec la mémoire de sa grand-mère et empêcher le passé de s'effacer. En effet, le tiroir n'est pas un simple album : c'est « une mémoire que je caresse du doigt, un passé que je refuse de laisser s'effacer ». Justification par cet indice textuel : le vocabulaire de la mémoire et du passé montre un besoin de conservation, non une simple curiosité.

2. Deux éléments du passé reviennent : le jardin de Kairouan (avec le rire et l'odeur du café) ; l'après-midi d'été où la grand-mère confie l'importance du souvenir ; les objets de la maison (châle, montre, tasse). Accepter deux éléments distincts clairement rattachés au récit.

3. Procédé d'écriture — la répétition de « Encore. Encore. » (ou l'antithèse « goût du miel et du sel » / « me rend… puis me la reprend »). La répétition du geste de rouvrir le tiroir met en relief l'obsession mémorielle. Ce procédé exprime l'emprise du souvenir : le narrateur ne choisit plus vraiment, il répète pour retenir le temps. Variante acceptable : le champ lexical du souvenir et de la mémoire (« souvenir », « mémoire », « passé ») qui mettent l'accent sur l'omniprésence du passé.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

Entraînement 01 / 01

Drill — lettres du père et nostalgie

2 questionsCorrigé masqué

Les souvenirs et la mémoire du passé habitent ce soldat. Passage d'entraînement (original) — Un soldat relit, le soir, les lettres de son père. Chaque phrase rouvre un souvenir d'enfance : la table de bois, le jardin, la voix qui disait « reviens vite ». Le passé entre dans la tranchée comme une chaleur brève. Ces souvenirs ne changent pas la boue du présent, mais ils rendent la mémoire vivante. Le soldat plie les lettres, les déplie, recommence. La mémoire du père est son seul refuge.

  1. Quel effet les lettres du père produisent-elles sur le soldat ? Justifiez par une citation précise.
  2. Relevez et expliquez un procédé d'écriture qui traduit l'attachement du soldat au passé (souvenir / mémoire).
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Les lettres produisent un effet de réconfort et de nostalgie : en effet, « le passé entre dans la tranchée comme une chaleur brève » et « la mémoire du père est son seul refuge ». Justification : l'indice textuel du « refuge » prouve que le souvenir protège émotionnellement le soldat.

2. Procédé : la métaphore « le passé entre dans la tranchée comme une chaleur brève » (ou la répétition du geste « plie… déplie, recommence »). Ce procédé exprime l'irruption consolante du souvenir au cœur de l'hostilité du présent ; la répétition met en relief le besoin obsessionnel de rouvrir la mémoire.

Méthode / Automatismes

Ordre bac : (1) reformuler la réponse, (2) citer un indice textuel entre guillemets, (3) pour le procédé : relever l'exemple → nommer le procédé → dire l'effet produit (met en relief / exprime / traduit).

Pièges classiques

Ne pas se contenter de nommer « métaphore » ou « répétition » sans citation ni effet. Ne pas inventer un souvenir absent du récit.